Cette chose existe vraiment : voici le Triton Model H, un SUV électrique de 8 places, 1 500 chevaux et plus de 1 100 kilomètres d’autonomie qui coûte 140 000 $

Ah, la noble ambition de sauver la planète. Quelle brillante idée que de le faire en produisant des SUV électriques, ces titans des routes urbaines, ces colosses de métal qui, désormais, roulent en silence, comme s’ils tentaient de s’excuser de leur encombrante présence. Le SUV électrique, c’est l’épitomé du paradoxe moderne : comment associer le culte de la démesure à un faux nez écologique ?

Mais ne soyons pas trop durs. Après tout, derrière ce virage électrique, il y a la panique absolue des constructeurs automobiles, face à la chute vertigineuse de leurs ventes de dinosaures mécaniques. Imaginez la scène : des executives en chemise ouverte, en sueur, se demandant comment faire survivre le marché du « plus c’est gros, mieux ça se vend » dans un monde où l’on commence timidement à s’interroger sur la nécessité de moins consommer. « Et si on électrifiait nos monstres ? » a dû lancer l’un d’eux, sans se douter qu’il venait de signer le plus absurde des paradoxes.

Car après tout, qu’est-ce qu’un SUV électrique sinon un hommage à l’art de consommer toujours plus de ressource pour transporter toujours moins de matière ? Une véritable prouesse technologique, où chaque recharge d’une batterie de plusieurs centaines de kilos doit elle-même puiser dans les ressources minières de la planète, creusant encore un peu plus ce que l’on prétend préserver. Mais bon, qu’importe, tant qu’on peut aller acheter son pain bio avec bonne conscience dans un engin fait pour dominer le reste de l’humanité… On n’est pas sortis des ronces !