
Ah, la noble ambition de sauver la planète. Quelle brillante idée que de le faire en produisant des SUV électriques, ces titans des routes urbaines, ces colosses de métal qui, désormais, roulent en silence, comme s’ils tentaient de s’excuser de leur encombrante présence. Le SUV électrique, c’est l’épitomé du paradoxe moderne : comment associer le culte de la démesure à un faux nez écologique ?
Mais ne soyons pas trop durs. Après tout, derrière ce virage électrique, il y a la panique absolue des constructeurs automobiles, face à la chute vertigineuse de leurs ventes de dinosaures mécaniques. Imaginez la scène : des executives en chemise ouverte, en sueur, se demandant comment faire survivre le marché du « plus c’est gros, mieux ça se vend » dans un monde où l’on commence timidement à s’interroger sur la nécessité de moins consommer. « Et si on électrifiait nos monstres ? » a dû lancer l’un d’eux, sans se douter qu’il venait de signer le plus absurde des paradoxes.
Car après tout, qu’est-ce qu’un SUV électrique sinon un hommage à l’art de consommer toujours plus de ressource pour transporter toujours moins de matière ? Une véritable prouesse technologique, où chaque recharge d’une batterie de plusieurs centaines de kilos doit elle-même puiser dans les ressources minières de la planète, creusant encore un peu plus ce que l’on prétend préserver. Mais bon, qu’importe, tant qu’on peut aller acheter son pain bio avec bonne conscience dans un engin fait pour dominer le reste de l’humanité… On n’est pas sortis des ronces !
« Nous allons créer de nouveaux besoins! » s’exclame Octave Mouret dans le roman de Zola, Au bonheur des Dames (1882). Comment crée-t-on de nouveaux besoins aujourd’hui, alors qu’on est saturé d’artefacts ? En s’adressant à l’égo et en cultivant la peur.
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Le principe est que les besoins ne sont jamais satisfaits et que chaque insatisfaction permet d’articuler un nouveau désir (plus que besoin je dirais désir). C’est enseigné dans les écoles du capitalisme sous le nom d’ « équation motivationnelle » …
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Je travaille actuellement sur sur le modèle de l’économiste chilien « hérétique » Manfred Max-Neef (je donne même un cours à l’Association Philotechnique de Paris). Adhérent à l’économie classique au début de sa carrière, il en a vu l’inefficacité et les effets pervers sur la pauvreté et le bonheur des gens. Parmi les critiques qui fondent son hérésie: la confusion entre les besoins qui peuvent être satisfaits et les désirs qui sont le terrain de culture du système actuel.
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Bien vu et pile poil dans l’actu du jour.
Silence, je pollue…
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Et je râle après les intempéries que j’ai favorisées en polluant !
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