Le consommateur idéal : voilà ce que nos sociétés modernes ont fabriqué avec un cynisme chirurgical.

D’abord, ce citoyen exemplaire est exposé, dès l’enfance, à une avalanche de publicités vantant les mérites de la malbouffe. Des produits sucrés, gras, bon marché et omniprésents transforment progressivement les corps en vaisseaux de consommation sans fin. Trop manger, trop mal, c’est devenir une pièce de plus dans la grande machine du profit.

Puis vient l’inévitable bascule : l’obésité, véritable épidémie des pays développés (42% des américains, 18% des enfants français en augmentation rapide), n’est pas qu’un simple problème de santé publique. Elle est la conséquence d’une industrialisation alimentaire effrénée, amplifiée par la complicité tacite des États. Et qui profite de cette explosion de maladies chroniques ? L’industrie pharmaceutique, bien sûr, toujours prête à dégainer la « solution miracle » sous forme de pilule. Dernière en date : le Wegovy, lancé récemment en France par le laboratoire Novo Nordisk, est présenté comme the nouvelle solution pour lutter contre l’obésité… à 1350 dollars non remboursés aux États-Unis et 350 € par mois en France. Yummy yummy !

Ce cycle est tragiquement parfait : dans un premier temps, on vous rend malade, dans un second, on vous vend la cure. La question n’est plus de savoir comment arrêter cette mécanique, mais jusqu’où ira cette alliance entre malbouffe et Big Pharma, au détriment de la santé des individus. Avant, je lisais des romans de SF, aujourd’hui j’ai l’impression d’y vivre.