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Comment rétrécir les dragons

~ Fantasy, SF, jazz et thérapie narrative

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Archives de Catégorie: On the road

« En Fanfare », d’Emmanuel Courcol

12 jeudi Déc 2024

Posted by Pops White in On the road

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Si le cinéma est un art de la surprise et de l’émotion, alors « En Fanfare », le dernier bijou d’Emmanuel Courcol, en est une puissante démonstration. À la fois drôle, profond et terriblement émouvant, ce film ne se contente pas de divertir : il touche à l’essentiel, à l’humain, et le fait avec une grande délicatesse.

Thibaut est un chef d’orchestre de renommée internationale qui parcourt le monde. Lorsqu’il apprend qu’il a été adopté, il découvre l’existence d’un frère, Jimmy, employé de cantine scolaire et qui joue du trombone dans une fanfare du nord de la France. En apparence tout les sépare, sauf l’amour de la musique. Détectant les capacités musicales exceptionnelles de son frère, Thibaut se donne pour mission de réparer l’injustice du destin. Jimmy se prend alors à rêver d’une autre vie. Si ce point de départ pourrait sembler classique, « En Fanfare » s’envole rapidement vers le territoire de l’émotion, bousculant les attentes à chaque virage narratif.

Impossible de parler de ce film sans saluer la prestation des deux acteurs principaux, Pierre Lottin et Benjamin Lavernhe qui livrent des performances magistrales. Leur alchimie transcende l’écran, oscillant entre tension et tendresse, colère et complicité. Le premier capte toute la fougue et la vulnérabilité de son personnage, tandis que le second incarne avec une intensité bouleversante un homme en quête de sens. Leur interprétation est si juste qu’elle semble capturer l’essence même des personnages, leur insufflant une vie qui dépasse la fiction.

L’écriture est un autre joyau du film. Les dialogues, incisifs et empreints d’une vérité désarmante, frappent juste à chaque réplique. Mais c’est surtout la construction du scénario qui impressionne. Là où d’autres récits auraient choisi des péripéties un peu telephonées à la « Billy Eliott » ou « Full Monty », « En Fanfare » prend un chemin original et inattendu, offrant une fin qui renverse les clichés sans jamais trahir l’émotion. Emmanuel Courcol prouve ici qu’il est un maître de la narration, capable de surprendre sans artifice, en restant fidèle à la vérité des personnages.

Au-delà de l’histoire personnelle de ses protagonistes, le film ouvre une réflexion plus large sur l’impact du milieu social dans la construction de l’identité. En filigrane, il pose cette question troublante : jusqu’où les « caractères innés » sont-ils influencés par des récits familiaux et sociaux, eux-mêmes hérités de générations passées ? Ce dialogue implicite avec des pratiques narratives enrichit encore davantage le propos, offrant au spectateur une matière à penser bien après la fin de la projection.

Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas autant apprécié, ri et pleuré devant un film français. « En Fanfare » est une œuvre lumineuse, qui réchauffe le cœur tout en le bousculant, rappelant que le cinéma peut être à la fois un art populaire et une quête de vérité humaine.

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