
Il est fascinant de voir à quel point même un réalisateur de la stature de Steven Spielberg peut être insatisfait de l’une de ses œuvres, en l’occurrence Hook.
Pourtant, ce film, souvent jugé sévèrement pour ses décors stylisés ou son manque de cohésion, reste un joyau pour bien des spectateurs. En le voyant sous le prisme de la thérapie narrative, Hook s’impose par ailleurs comme une réflexion profonde sur l’identité et la réconciliation de nos multiples facettes, bien au-delà de ses imperfections cinéphiliques.
Spielberg décrit Hook comme une histoire sur l’amnésie et la reconquête de soi. C’est justement cette amnésie, cette distance entre Peter Banning et Peter Pan, qui constitue le cœur narratif du film. Dans la thérapie narrative, nous explorons comment nos vies sont façonnées par les récits que nous choisissons de croire et de transmettre sur nous-mêmes. Hook illustre parfaitement ce processus. Peter Banning a laissé réécrire son histoire en effaçant son enfance, en adoptant une version de lui-même en total décalage avec son identité préférée. Le capitaine Crochet, quant à lui, incarne ce que Peter pourrait devenir s’il laisse le cynisme et l’amertume le submerger.