Je descends dans mon jardin
Voir le figuier que j’ai planté
Avec mon père
Homme entreprenant
Famille de battants
Il m’aurait dit de m’accrocher
Comme chaque génération l’a fait
Nos enfants
Nos petits-enfants
Nous relient au vivant
(Même s’ils sont
un peu morpions)
Seul avec mon bouquin
Je vis une autre histoire
Ailleurs
Dans un autre monde
Ouvert à autre chose
Solitude zen
Je marche
En forêt, au bord de l’eau,
Regardant les voiliers
Je marche
En ville, dans les ruelles
Je marche
Dans mes insomnies
Là où rien n’est grave
Je marche
Vers Dieu, porté par ma prière
Je marche
Parfois
Je trouve des champignons
Je me mets en cuisine
Idées nouvelles
Recettes améliorées
En ajoutant ceci ou cela
Pour pouvoir créer
Du pur plaisir
Créer, fabriquer
Justement
Un lit pour mon petit fils
Une mezzanine
Des boucles d’oreille
Des photos de petites rues
Des poèmes
Quelques accords de guitare
Des plantations
Même si ça ne marche pas souvent
Agir sur le monde
Même modestement
En faisant le ménage
Petite pause clope
Qui détend
Lecture, musique
Surf sur Internet
Films comiques
Presse économique
DVD de musique
Autant d’évasions
Ou de rêves d’évasion
Lorsque je me renseigne
Pour changer de vie
Partir ailleurs
Mais rester là
Heureuse d’avoir imaginé
Mes amis, mes copines
Le ball trap
Le club des vétérans
Les chats, les chiens
Les belles discussions
Les repas, la cuisine
Les parents, la famille
Un coup de téléphone
Mon fils, ma fille
Paix intérieure
Recettes de bonheur
(Réponses d’un groupe de personnes en recherche d’emploi via le PLIE des Sources de Pessac Canéjan à la question : « comment faites vous pour aller moins mal quand ça va mal ? » Je reprends ici le rôle de Fabrice qui a magnifiquement documenté le groupe Diversité / Sagesses de Vie dans le même contexte. Voir ici.)
Ça fait du bien de lire ces mots; reliés entre eux c’est une véritable recette
du bonheur.
C’est dans ces « petits coins de vie » que la narrative peut fouiner,
et cela permet, petit à petit, de reprendre sa vie en mains…
Finalement tous ces « petits riens » permettent à de grands moments
d’exister,
C’est peut être ça le bonheur : vivre… ne pas survivre.
Le chemin narratif est semé de petits cailloux blancs, chacun d’eux étant soit une histoire, soit une initiative, soit une « prise de conscience », une fabulation…
C’est toujours positif, et je me permets de l’affirmer, parce que je l’ai vécu…
Le voyage narratif ne se termine jamais, il évolue.
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