Quel dommage que tu n’aies pas été là, Gaya, pour être fière  de ton (vieux) fils recevant la première standing ovation de sa vie à l’issue d’une masterclass ahurissante de la Fabrique Narrative sur ce que tu as le plus aimé : le texte. C’est la première chose qui m’a transpercé lorsque je me tenais debout face à mon peuple, coachs et thérapeutes tisseurs et tisseuses d’histoires, les joues sillonnées de larmes, conscient qu’il s’agissait là de ma dernière virée au pays des étoiles qui dansent. Et puis parmi les 180 personnes présentes, une collègue, Stéphanie, est venue me voir discrètement pendant une pause. « Je voulais te dire que tes ancêtres sont là, je les vois se tenir à tes côtés ». La vie, c’est du texte et ce texte nous façonne comme des romans vivants et agissants. C’est cela que j’étais venu leur dire pendant trois jours. C’est cela que tu m’as offert de savoir. Alors peut-être que tu étais là, finalement, mon invisible de mère, un discret sourire aux lèvres, regrettant de ne pas avoir pu goûter le gâteau aux noix et caramel craquant confectionné par Antonia en mémoire pâtissière de ta puissante intelligence, un petit sourire qui aurait voulu dire : « c’est quand même pas mal ! »