Mon plus jeune fils m’avait attendu pour regarder ensemble « un film de SF, toi qui aimes ça » sur Netflix. Voilà une dystopie qui pose clairement les enjeux disproportionnés des discours dominants qui nous assignent à un corps parfait et à « un bonheur insoutenable » (car l’intrigue nous rappelle ce roman des années 70 d’Ira Levin) !

Uglies, adapté du roman éponyme de Scott Westerfeld, nous plonge dans un monde où la transformation physique est non seulement un rite de passage, mais une obligation sociale. La dénonciation est claire : la beauté est devenue une marchandise standardisée, effaçant toute singularité. La chirurgie esthétique, perçue comme un passage obligé vers le bonheur, rappelle étrangement nos propres injonctions modernes : être mince, souriant, et instagrammable pour être accepté. La quête de perfection extérieure devient ici une critique acerbe des normes esthétiques imposées, tout en soulevant la question cruciale du libre arbitre face à ces diktats.

Cependant, le film ne parvient pas toujours à transcender son cadre de « teenage movie ». Les personnages, bien que sympathiques, tombent souvent dans des archétypes déjà vus, avec des trajectoires prévisibles qui manquent de profondeur. On aurait aimé une exploration plus nuancée des enjeux, notamment dans les relations humaines. Malgré cela, Uglies réussit à interpeller et à faire réfléchir, notamment sur l’obsession du bonheur superficiel, imposé par des standards inatteignables. Une œuvre imparfaite, mais qui permet une bonne discussion avec vos ados et jeunes adultes en construction identitaire.

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