Je viens de refermer la dernière page du dernier livre de la dernière intégrale »le Fou et l’Assassin », et mon cœur est lourd. Lourd, non pas d’amertume, mais de gratitude infinie pour ce voyage d’une vie que vous m’avez offert.

FitzChevalerie, le Fou, Tintaglia, Abeille, Burrich, Kettricken et tous les autres ont été mes compagnons d’aventure, des fragments de moi-même projetés dans des mondes si éloignés et pourtant si profondément ancrés dans la condition humaine. Sans parler de votre génie pour parler des animaux, à commencer par le magnifique Oeil-de-Nuit. Vos livres ne sont pas de simples récits, mais des fables intimes qui ont su éclairer des recoins de mon âme que je n’avais jamais été explorer en dépit de décennies de thérapie. À travers les blessures et les joies de Fitz, j’ai redécouvert la complexité du destin, la douleur des choix impossibles, et la beauté tragique des liens que nous tissons tout au long de notre existence.

Vous avez insufflé à la fantasy une émotion et une densité rarement atteintes. Vos héros ne sont pas simplement des figures mythiques, mais des êtres de chair et de sang, faits de doutes, de peurs et de passions. Ils sont les miroirs de nos failles et de nos espoirs, et c’est pour cela qu’ils me manqueront tant. Fitz restera toujours pour moi ce personnage déchirant, marqué par la loyauté, l’amour et la solitude, qui a illuminé mes lectures d’une lumière douce-amère.

Je vous écris donc cette lettre comme un dernier adieu à cet univers si magnifiquement construit, où les dragons ne sont pas seulement des créatures de légende, mais des symboles de rédemption et de renaissance.

Merci pour votre plume, pour votre sagesse, et pour ce don inestimable : une immersion totale dans un monde où, malgré la noirceur, l’espoir ne cesse de renaître. Je sors de vos livres grandi, un peu comme Fitz après chaque épreuve, un peu plus sage, un peu plus conscient de la beauté et de la cruauté du monde.

Avec toute ma gratitude,
Un lecteur fidèle, bouleversé et reconnaissant.