
Hier, dans ma chronique sur « Les guerriers de l’hiver », magnifique roman d’Olivier Norek, j’esquissais une comparaison entre Macron et Daladier. La veine m’a semblé suffisamment prometteuse pour filer un peu plus la métaphore.
Quand Édouard Daladier signait les accords de Munich en 1938, il pensait garantir la paix en concédant à Hitler ce petit morceau de la Tchécoslovaquie. Il rentra triomphant à Paris, applaudi par une foule reconnaissante, seulement pour murmurer, à voix basse, « Ah les cons… » En sacrifiant quelques kilomètres pour préserver l’illusion d’une stabilité, il offrait en réalité une victoire morale à l’Allemagne nazie. Macron, lui, après d’être copieusement pris les pieds en essayant d’etre pris en compte par les dictateurs russe et israélien, semble appliquer avec brio la même méthode : donner l’impression d’agir pour la sauvegarde des idéaux tout en concédant un peu plus de terrain aux mains invisibles des marchés financiers. Sauver la planète ? Bien sûr, mais en laissant Total étendre ses forages jusqu’au Bassin d’Arcachon. Lutter pour la justice sociale ? Évidemment, tout en allongeant l’âge de la retraite et en pourfendant la fraude sociale.
Daladier, c’était la lâcheté habillée en compromis historique. Macron, c’est l’écologie repeinte en vert pétrole et la tradition déguisée en progrès. Deux hommes persuadés de protéger la France d’un chaos imminent, tout en renforçant les forces mêmes qu’ils prétendaient contenir. À force de vouloir ménager les extrêmes, ils finissent par marcher sur des œufs, tout en s’imaginant jongler avec des idées révolutionnaires. Daladier nous a légué la Seconde Guerre mondiale ; Macron nous laisse l’impression qu’on peut vendre des armes à tout le monde en donnant des leçons de paix à chacun .
Dans les deux cas, on trouve des applaudissements hypocrites, des compromis qui ne trompent personne et des promesses brisées sur l’autel d’un avenir dont ils prétendent être les seuls protecteurs. Finalement, Daladier avait peut-être raison : « Ah les cons… »
Si Daladier, selon moi, était un pleutre, Macron me semble plutôt être un traître. Il sert sans état d’âme les puissances financières qui lui ont permis d’être élu et il suit avec ténacité la feuille de route qu’on lui a donnée (qui correspond à son idéologie): balayer toute la construction sociale (santé, retraites, etc.) qui ne rapporte pas un rond au système capitaliste, dissoudre la France qui était un caillou dans la chaussure de l’Oncle Sam. Il en profite pour se la péter: c’est une partie de sa rémunération. Il est cinglé ? C’est pour son profil qu’il a été recruté.
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Haha tu as raison Thierry, mais je pense que c’est également un pleutre !
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